Article sur prostitution d annunzio femmes

article sur prostitution d annunzio femmes

, quant à elles, des figures dominantes de lassociation féministe Differenza Donna, basée à Rome. Politiques et pratiques de lUnion en matière de migrations ont cré ce que Étienne Balibar nomme «un double régime de circulation des peuples» (in Simoncini, 2000 : 32). Elle repose sur une distinction simpliste entre migrations «légales» et «illégales». 12 L International Organization for Migration (IOM) estime que 700 000 femmes et enfants dans le monde (.) 7Ce type de référence à lampleur de la traite et laccent mis sur la nature trompeuse et coercitive du contrat. 7 Depuis une décennie, la cité a abrité plusieurs projets novateurs sur la traite, tels que. Les femmes interrogées, sans sous-estimer limplication des tiers, sy référaient souvent de la même façon quOksana : «ils aident les filles à trouver du travail à létranger». Un simple prétexte, inventé dans linstant, y suffisait. Bien que je reconnaisse limportance des mesures légales de protection des victimes, il convient cependant danalyser les façons dont larticle 18 institutionnalise et essentialise la rhétorique de la victimisation.

Lorsque les mêmes interviewées revinrent en Italie pour la seconde fois, titulaires dun visa en bonne et due forme, elles voyagèrent en avion ou en bus, passant les frontières rapidement et sans heurts. 14 De plus, il était attendu des pays candidats quils signent des accords de réadmission, daméliorer (.) 9Comme condition à lintégration, il fut demandé aux pays candidats à lUE dappliquer des clauses de type Schengen aux régimes des frontières et des visas aux pays non-candidats. Cependant, un examen de lhistoire de vie des interviewées montre que la réalité du système de traite est plus complexe. 27Laccent mis sur les souffrances des femmes dans ce quil est convenu dappeler la «traite» Trafficking peut se comprendre à la lumière dune partie de notre matériel empirique portant sur la violence que ces femmes subissent dans leur recherche daccès au marché du travail européen. Alors que Ioanna quittait lUkraine afin daméliorer sa situation et celle de sa famille, Kateryna partit de Roumanie pour rompre avec un état dépressif causé par des humiliations subies à lécole et des violences familiales : «Je voulais recommencer.

Dans son récit, Oksana rappelle les noms des voyageurs et leur nombre, les conditions météorologiques lors du franchissement de la frontière entre la Slovénie et lItalie, la végétation et même létat du sol quelles foulaient. Ayant accepté loffre de son petit ami démigrer de Roumanie en Italie et dy travailler comme prostituée, Kateryna ne connaissait pas les conditions dans lesquelles elle travaillerait. Si elles avaient un visa, comment lont-elles obtenu, et pour combien de temps? 6Au cours de la dernière décennie, différents journaux, dans toute lEurope, ont de plus en plus souvent lié migrations, urgence et invasion, et soutenu lidée selon laquelle les migrations constituent une crise qui doit être contenue (Dal Lago, 1999). «appelons-les Olga et Natacha. Larissa arriva en Italie, venant dAlbanie par bateau, alors que Kateryna traversait à pied la frontière entre la Slovénie et lItalie. LItalie constitue un champ détude unique sur ce thème, en raison de trois aspects combinés. Cela sous-entend la présence dun grand nombre de cas de traite entre Europe de lest et de louest.

Bien quil fût très difficile, sinon impossible, de voyager à travers lEurope sans papiers avec une ligne internationale dautobus, la couverture médiatique de leur situation décrivit les deux femmes comme entrées illégalement. Oksana et Ionna atteignirent lItalie par le bus en deux jours. 23Les médias, les sources religieuses et féministes mettent aussi en évidence de nombreux portraits de trafiquants. Dans le livre S chiave doccidente, déjà mentionné, dans lequel les trafiquants sont représentés comme des criminels féroces qui affirment leur masculinité à travers la maltraitance physique : «la rage de Genti navait besoin daucune raison précise pour se manifester. 13 Les États du groupe de Schengen sont lAutriche, la Belgique, le Danemark, la Finlande, la France, (.) 8Les gouvernements des États membres, en établissant un lien entre traite et «migrations illégales» en provenance de pays tiers, dune part. On peut observer ce type de représentation dans la coupure de presse concernant Olga et Natacha, qui figure en tête de cet article. Des contrôles plus stricts aux frontières et des règles dimmigration restrictives, dont le but est dempêcher la traite ne protègent pas les femmes, mais, au contraire, engendrent leur vulnérabilité à la violence et à lexploitation pendant le voyage.

Leur histoire est celle de beaucoup dautres filles venues de lEst en Italie, trompées par la promesse dun travail, puis forcées à se prostituer par un souteneur, un homme sans aucun scrupule. 11 La collecte de coupures de journaux extraites de La Repubblica, un"dien national, et Il Resto (.) 4Joppose ici le récit de ces femmes à la toile de fond des discours et des représentations de la traite. 17En dehors des enlèvements, les articles de journaux analysés offraient peu dinformation sur les différentes façons dont les femmes et les trafiquants entraient en contact. Les figures rhétoriques de «vagues» de femmes soumises à la traite et victimisées sont aussi utilisées par des chercheur(e)s féministes. Cette confusion entre traite des femmes et immigration sans papiers conforte et renforce limage de la traite comme forme de migration illégale. Tatiana, prit un vol de Moscou à Rome avec un visa de tourisme de quinze jours que lui avaient procuré deux Russes travaillant comme prostituées en Italie. Par exemple, les auteurs du fascicule éducatif de la Caritas présentent leurs activités comme suit : «Faire entrer des gens en fraude, faire du trafic darmes, de drogue, sous-payer le travail sont étroitement liés à la traite de jeunes étrangères.

Parmi les vingt-cinq femmes retenues, jen ai choisi quinze pour mener avec elles des entretiens approfondis, non directifs. Privilégier le problème de la duperie en matière de prostitution nous dit peu de choses sur les termes des relations demploi que les migrantes ont (ou nont pas) négociées avec ces tiers, et occulte lexistence de projets migratoires chez ces femmes. Ioanna voulait venir en Italie parce quelle manquait de débouchés dans son pays : «Jai 23 ans, et à présent je peux prendre en charge mes propres affaires. Lorganisation catholique Caritas est lun des acteurs les plus influents dans la mise en œuvre de projets contre la traite en Italie, et elle gère plusieurs refuges qui ont aidé un grand nombre de femmes. Possédant un excellent réseau de communication, très bien inter-relié, la toile criminelle sétend sur tous les pays de lest européen. Ainsi, des pays tiers «sécurisés» comme la Pologne introduisirent des réglementations du droit dasile de type Union Européenne qui permettaient aux autorités polonaises de refouler des migrants sans papiers du territoire polonais vers des camps de rétention/détention.

En mettant en évidence la diversité des opérations et des acteurs qui intervenaient à différents stades du processus de traite, les récits des femmes interrogées montre que les agents recruteurs navaient souvent aucun intérêt à profiter de lexploitation des. Si certaines portions de réseaux, qui les aident à entrer en Italie, et pour lesquels elles travaillent ensuite, semblent appartenir à des réseaux criminels plus vastes, dautres, au contraire, englobent une grande diversité de personnes, comme des chauffeurs. Bien que la Roumanie soit à pré (.) 10 Le choix a tenu compte de plusieurs facteurs : temps, langue, disponibilité des femmes et confiance (.) 3Cet article 6 sappuie sur les récits de femmes migrantes dEurope de lest. Mais son objectif est plutôt à la fois délargir et dapprofondir le cadre de référence qui permet de comprendre et danalyser les éléments de cette souffrance. Dans ce texte, jentreprends une analyse critique des représentations et analyses binaires de la «traite» des femmes qui renvoient au crime organisé et aux femmes victimes trompées et forcées à la prostitution. Lintensification du contrôle aux frontières, et particulièrement aux frontières extérieures de lUnion, a été perçue comme venant compenser la suppression des frontières intérieures entre les États du groupe Schengen, établissant une aire de libre circulation des citoyens de ces États (Turnbull, 1999). Ses points de départ sont la mode, les agences demploi et de voyage» (2000 : 6).

Il stipule que les requérantes abandonnent la prostitution, disqualifiant du même coup la possibilité, pour certaines femmes, que la prostitution puisse faire partie de leur projet migratoire.  Si elles ne peuvent bénéficier de larticle 18, il ne leur est pas possible de légaliser leur statut, et elles peuvent être refoulées. Par exemple, lorsque la menace de violence lors du retour dans le pays dorigine ou le danger de rétorsion de la part des trafiquants nest pas clairement discernable dans le récit des femmes, les officiers de limmigration nacceptent. Par conséquent, mon interprétation nest pas centrée sur la violence exercée contre les femmes, qui est privilégiée par un grand nombre de chercheuses et dactivistes féministes. Ces représentations alarmistes non seulement gonflent les statistiques jusquà donner limage dune invasion, mais encore, produisent une vision particulièrement sexuée des migrations, qui occulte la corrélation entre immigration illégale et création juridique et matérielle de frontières en liaison avec la traite.

La traite des: Article sur prostitution d annunzio femmes

17 Une étude du mode dentrée de travailleuses domestiques philippines en Italie présente des résultat (.) 12Daprès les récits des femmes interrogées, avoir ou non un visa est étroitement lié à la façon dont elles ont franchi les frontières. Elles suggèrent quil est extrêmement problématique dêtre daccord avec un modèle qui définit la traite comme une forme de migration illégale, par opposition à des modes légalement approuvés de migration. Au lieu de privilégier le problème de la violence et/ou de lexploitation exercées par des tiers dans le secteur du sexe, le présent article sest proposé dexaminer la traite du point de vue des migrations. Dans tout cet ouvrage, les auteures interviennent dans le texte, associant leurs propres vues sur la traite avec des citations directes de femmes. Un tel raisonnement permettrait aux chercheur(e)s dabandonner la seule perspective qui considère les pays de lest européen comme les principaux producteurs de crime et de traite. 25Le thème de la violence est également populaire dans la presse. Au début, jai refusé, mais, puisquil ny avait aucun autre travail, aller en Italie était la dernière chance de trouver un emploi».

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